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Eco-anxiété, le nouveau mal ?

Le terme éco-anxiété

L’éco-anxiété, aussi nommée solastalgie, est une forme de souffrance psychique provoquée par les changements environnementaux vécus, actuels, ou futurs concernant principalement la destruction des écosystèmes et de la biodiversité. Ce phénomène a été inventé et théorisé en 1997 par une chercheuse en santé. 

Elle est de plus en plus citée dans les médias de nos jours et fait l’objet d’un intérêt croissant dans le monde médical. Pour cause, depuis un certain nombre d’années, l’on observe des changements considérables de notre environnement. Les sols s’assèchent, les pluies se font rares, les vagues de chaleurs frappent plus fortement et plus fréquemment, les écosystèmes se font détruire… 

Mais alors qu’est-ce que désigne réellement ce terme et qui est touché par cette éco-anxiété? Tout d’abord, il faut comprendre que l’éco-anxiété est une sensibilité au monde, un rapport à celui-ci qui est finalement très rationnel. Cette angoisse prospective, qui anticipe l’effondrement du monde et la disparition de la nature telle qu’on l’a connue, s’appuie sur une forme de véracité scientifique. 

Les éco-anxieux sont souvent très documentés et d’ailleurs, l’élément déclencheur de leurs angoisses est principalement une information ou une actualité sur le changement climatique. Aujourd’hui l’on parle beaucoup de l’éco-anxiété en France car beaucoup de personnes sont inquiètes de voir défiler des vagues de chaleur intenses et répétitives dans le pays. De là va s’amorcer un questionnement, une forme de prise de conscience qui va conduire ces personnes à identifier de plus en plus de problèmes. 

Il existe plusieurs paliers différents d'éco-anxiété. En effet, on peut passer d’une éco-anxiété simple à une forme plus complexe. La forme complexe s’enclenche lorsque que la personne réalise que les solutions à mettre en œuvre pour contrer les événements futurs sont très complexes et nécessite une action à l’échelle mondiale.

 

Angoisse ou maladie ?

En France, l’éco-anxiété ne possède aucune définition et n’est même pas inscrite dans le dictionnaire. Pourtant, plus nous avançons dans le temps et plus le nombre de personnes souffrant de cette anxiété augmente. Scientifiquement, c’est un concept encore émergent, l’OMS n’a pas encore établie ce phénomène en tant que maladie. Pour beaucoup, l’éco-anxiété n’est donc pas une maladie mentale mais plutôt un fort sentiment provoqué par la dérive de notre environnement, qui peut, dans certains cas, impacter le mental et le physique tout comme le stress le fait dans le quotidien de milliers de personnes.

L’éco-anxiété s’est imposée depuis quelques années et surtout depuis quelques mois dans l’espace médiatique et public. Ceci s’explique par le fait qu’en France, comme ailleurs, le nombre de personnes éco-anxieuses semble s’accroître de façon significative même si, à ce stade, il est encore difficile de l’évaluer et d’établir un profil-type des éco-anxieux.

L’éco-anxiété peut se manifester de plusieurs manières. Elle peut passer par le biais d’émotions diverses comme la colère et la tristesse mais aussi par le biais de symptômes physiques comme l’anxiété, la dépression ou l’insomnie.

 

Une angoisse qui touche tout le monde

Le mal-être qui découle de l’urgence écologique fait de plus en plus parler de lui, surtout auprès des jeunes. “Je suis incapable de me projeter au-delà de 2030” raccontait une jeune fille de 18 ans. Il est déjà difficile pour les jeunes de se projeter de manière générale, on le sait, à cet âge là, les 30 prochaines années ne nous préoccupent pas de trop. Pourtant avec l’urgence climatologique dans laquelle nous sommes, le futur devient préoccupant car encore plus flou. Comment imaginer construire sa vie, si les fondations ne sont pas stables ?

L’éco-anxiété touche aussi les adultes, beaucoup de couples en âge d’avoir des enfants refusent de fonder une famille par peur de les confronter à un monde différent de celui dans lequel ils ont vécu. Et pour cause, les écosystèmes sont détruits, la planète n’a plus les ressources nécessaires pour subir l’activité de l’homme et le climat se réchauffe toujours plus. Environ 60 % des Américains âgés de 27 à 45 ans s’inquiètent de l’empreinte carbone de la mise au monde d’un enfant, selon une enquête de 2020 publiée dans la revue Climatic Change. Aujourd’hui les jeunes adultes, les parents et les grands-parents ont peur, peur de ce qu’ils vont laisser derrière eux et peur que notre planète ne puisse plus garantir la sécurité de leurs enfants. 

On observe que cette anxiété touche vraiment tous types de personnes. De plus, les plus jeunes sont touchés de plus en plus tôt par cette réflexion. 

 

La détresse psychologique

De plus en plus de personnes décident de se tourner vers des professionnels de la santé mentale. Laurentine Veron, psychologue auprès d’étudiants expliquait que les premiers malaises liés au dérèglement climatique existent depuis quelques années déjà mais que la crise sanitaire a considérablement augmenté la détresse de beaucoup de personnes. 

Selon une étude publiée mi-septembre par la revue The Lancet, plus de 50% des 16-25 ans interrogés se sentent tristes, anxieux, en colère, impuissants et coupables face au réchauffement climatique. Beaucoup ressentent le besoin de s’exprimer à ce sujet auprès de professionnels pour avoir un appuis mental et pour pouvoir se libérer de ce poids. La culpabilité prend de plus en plus de place chez les jeunes, pourtant, ce ne sont pas eux qui ont provoqué cela…

Si le sujet du changement climatique semblait trop abstrait pour les enfants dans les années 1990, les temps ont changé et désormais, les enfants en bas âge sont tout autant touchés par ce monde qui tourne mal autour d’eux. C’est pourquoi les psychologues ont dû appréhender un nouveau “mal” qui touche de plus en plus de patients.




 

 

 


 

France3 - FranceInfo - NationalGeographic - LeMonde 

 

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