x
biosample_point_situation_covid

Covid-19 : Quelle est la situation actuelle de l’épidémie en France ?

Une hausse des indicateurs épidémiologiques ?

L’évolution épidémiologique inquiète depuis plusieurs semaines les experts. En effet, après 11 semaines consécutives d'amélioration de l'état de santé du pays, la propagation du SARS-CoV-2 en France est de nouveau à la hausse. C'est la conclusion du dernier point épidémiologique de l'Agence française de santé publique. En effet, au cours de la 26e semaine, entre le 28 juin et le 4 juillet, certains indicateurs épidémiologiques en baisse depuis fin avril ont encore augmenté. A partir de l'incidence du Covid-19, il y a en moyenne 2 360 cas par jour, soit une augmentation de plus de 30% par rapport au pays calculé la semaine précédente. Aussi, le directeur des hôpitaux de Paris, Martin Hirsh, se dit inquiet de la situation épidémiologique actuelle. Il déclare : "Lors de la deuxième vague, le virus s’était propagé chez les jeunes à la rentrée puis, en l’espace d’un mois, il s’est diffusé parmi les plus de 60 ans, avec une traduction hospitalière rapide. Si ce scénario devait se reproduire, on peut redouter le pire, quand bien même près de la moitié de la population est aujourd’hui vaccinée".


 

Les mesures de freinage de la transmission du virus sont-elles toujours appliquées ?

Pour les épidémiologistes, la recrudescence de cette épidémie s'explique par au moins deux phénomènes. 

Dans un premier temps, Santé Publique France a souligné que l'application systématique des mesures barrières est en baisse. Selon la dernière enquête CoviPrev de fin juin, seuls les deux tiers des personnes interrogées ont déclaré éviter les contacts physiques pour saluer (contre plus de 70% dans l'enquête précédente), et moins de 40% ont déclaré éviter les rencontres en face à face. Il a également été observé une réduction significative de l'utilisation du port du masque (70 % pour la vague 25 et 82 % pour la vague 24). 

Aussi, les données de recherche de contact-tracing  prouveraient l’existence d’une forte hausse du nombre de cas ayant fréquenté des lieux propices à la contamination, en particulier pour les personnes âgées de 15 à 44 ans.

Mais les voyages à l’étranger, pourraient aussi être en cause. 

 

Le variant delta prend-il du terrain ?

Par ailleurs, la variante Delta continue de progresser. Comme Olivier Véran l'a laissé entendre sur France Inter,  ce variant pourrait devenir majoritaire en France très rapidement. A la semaine 26, 43 % des échantillons positifs dépistés étaient positifs à la mutation L452R (porté à plus de 90 % par le variant Delta), alors qu'à la semaine 25 il était de 21%, confirmant que la proportion d'infections dues à ce clone double chaque semaine.

Il est vrai que le rôle de ce variant dans la résurgence de l'épidémie est incertain - dans toutes les régions, la corrélation claire entre l'augmentation de l'incidence et l'augmentation de la proportion d'échantillons positifs avec la mutation L452R est temporairement incertaine. En Martinique par exemple, bien que les mutants Delta soient minoritaires, l'épidémie repart très nettement. En effet, la Martinique subit de plein fouet les conséquences de la quatrième vague depuis ces dernières semaines. Entre le 12 et le 18 juillet, l'île a compté 2241 cas positifs selon l'ARS et c’est la première fois depuis le début de l’épidémie que la barre des contaminations dépasse les 2000 cas positifs. Olivier Coudin, directeur de l'ARS déclare aussi que "le variant Delta progresse en Martinique et concerne désormais 9% des nouveaux cas. Au CHU, près de 80 patients sont en cours d'hospitalisation (contre 29 dont 7 en réanimation la semaine dernière)."  

Le ministère français de la Santé publique craint clairement que ce type de clonage n'aggrave la dynamique de croissance du virus et entraîne une pression accrue sur les hôpitaux. Car bien que le nombre de patients hospitalisés et en réanimation continue de baisser à la 26e semaine, la baisse ne semble pas être aussi importante qu'auparavant.

Dès lors, l'agence appelle à un suivi « attentif » de l'évolution des taux d'hospitalisation dans les semaines à venir, mais le plus important est d' encourager à la vaccination toutes les personnes éligibles, avec des mesures spécifiques de facilitation d’accès pour les plus âgées », chez qui la couverture vaccinale peine à progresser. Aussi, dans sa dernière modélisation, l'Institut Pasteur estime sur sa projection la plus réaliste que l'on pourrait atteindre 35 000 cas Delta par jour le 1er août.

 

Rappel des points importants à noter.

A propos du pass sanitaire, il est important de noter son extension à plusieurs lieux accueillant du public. En effet, dès le 21 juillet le pass sanitaire est obligatoire pour tous les lieux de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes. Aussi,début août, le pass sanitaire devient obligatoire dans les cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, maisons de retraite, établissements médico-sociaux, pour les voyages en avions, trains et cars pour les trajets de longue distance.

En ce qui concerne la vaccination, elle est obligatoire pour toutes les personnes au contact des personnes fragiles (soignants, non-soignants, professionnels et bénévoles). Aussi, des contrôles seront mis en place à partir du 15 septembre. Il est à noter que des campagnes spécifiques de vaccination seront mises en place pour les collégiens, lycéens et étudiants à la rentrée, ainsi qu'une campagne de rappel pour les premiers Français vaccinés dès les premiers jours de septembre. Enfin, les tests PCR seront rendus payants à l’automne sauf en cas de prescription médicale.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.