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Douleur, comment lutter contre la surconsommation de médicaments ?

Le prix Nobel de médecine 2021

Le prix Nobel de médecine a été attribué ce 4 octobre à deux Américains pour leur découverte d’un récepteur cutané à la température qui a mis à l’honneur la recherche sur la douleur. C’est la première fois qu’un prix est donné à cette thématique qui pourtant touche l’ensemble de la population mondiale. 

Selon l’INSERM, une étude française a démontré que la souffrance physique et sa forme chronique affectent environ 30% des adultes qui se considèrent comme peu aidés et pas suffisamment soulagés par les médicaments qui leur sont mis à disposition. On en vient avec le temps à observer une tendance de surconsommation de substances médicamenteuses qui ne procurent pourtant pas toujours les effets voulus, causée par ce manque de soulagement.

 

La douleur en consultation médicale

La douleur est le premier motif de consultation en médecine générale, pourtant les études académiques de médecine ne consacrent qu’une vingtaine d’heures spécifiques à ce sujet sur l'ensemble des études médicales. Les médecins d’aujourd’hui sont moins formés contrairement à d’autres thèmes médicaux, sur celui de la douleur lors de leur formation. 

Aujourd'hui, lors d’une consultation de médecine générale, la réponse médicamenteuse est quasiment systématique. Face au fléau médical que représente la douleur, les antalgiques sont la première thérapie médicale utilisée. Ces médicaments sont de plus, particulièrement utilisés à cause de la difficulté d’accès aux antidouleurs. 

 

Une utilisation fatale des médicaments

L’assurance-maladie d’Alsace affirmait en 2017 que 150 000 personnes se rendaient malades, chaque année, avec les médicaments. On en vient à se demander comment une telle chose est rendue possible. Tout simplement, car les personnes malades utilisent des médicaments qui avaient été prescrits précédemment pour une douleur plus ou moins ressemblante. Les demandeurs ne faisant quasiment jamais attention aux notices d’utilisation et de consommation, beaucoup consomment régulièrement des médicaments qui ne sont ainsi pas adaptés à leur situation. 

C’est pourquoi, ces dernières années, de plus en plus de patients et acteurs de la santé se rassemblent pour prouver que le tout-médicament n’est pas une solution médicale appropriée. Malgré une prise de conscience dans le pays, la surconsommation de médicaments reste très implantée en France. 

Sebastian J.Moser, un chercheur de l’université Paris-Sud, a imaginé un futur dans lequel les traitements médicaux seraient réduits d’environ 75%. Une prospective qui actuellement est encore inimaginable tant le médicament est considéré comme “le moyen de guérison”. Pourtant, M. Moser cherche à expliquer que se passer de médicaments ce n’est pas revenir au moyen-âge ni revenir à des pratiques ancestrales. 

 

Pourquoi une telle surconsommation médicamenteuse ? 

L’industrie pharmaceutique est une actrice du médical qui représente 100 000 emplois en France soit le troisième secteur industriel de notre pays. Cette industrie et ses acteurs ont beaucoup d’influence dans la prescription médicamenteuse et dans le financement des recherches. Ainsi, les acteurs de ce milieu bénéficient d’une image et d’une confiance presque aveugle de la part des consommateurs.

La surconsommation serait alors un phénomène social qui découle des informations fournies au grand public. Un avis qui ne fait pas la majorité, beaucoup de médecins et pharmaciens sont convaincus que ce sont les malades qui sont demandeurs de médicaments la plupart du temps. Le premier rôle du médecin n’étant pas de prescrire un médicament, mais de réaliser un diagnostic pour pouvoir aider son patient. 

Toutefois, il y a un phénomène social encore une fois. Beaucoup de médecins n’ont pas conscience d’être des sur-prescripteurs ou au contraire si, car la prescription de médicaments leur confère une légitimité professionnelle et une acceptation de leurs compétences par leurs patients. De la même manière que lorsque vous allez en pharmacie pour vous éviter un rendez-vous chez le médecin, vous attendez de votre pharmacien qu’il vous procure les médicaments nécessaires à votre soulagement, ce que le pharmacien fait presque systématiquement. Il est très rare de sortir d’une pharmacie sans aucun médicament en poche.

On ne peut, dans ce sujet, rejeter la faute sur les professionnels de la santé ni sur les patients. Tout le monde cherche à trouver son compte, et ce, toujours dans le but d’aider à soulager la douleur. Il faut donc bien prendre conscience du fait que dans la plupart des foyers, on trouve énormément de médicaments prescrits il y a des mois voire des années pour des raisons particulières. C’est dans tous ces foyers que les personnes se mettent à consommer des médicaments sans prescription et ainsi deviennent des sur-consommateurs.

 

La prévention

Il existe des solutions substituts qui représentent une autre forme de prescription médicale. Dans notre monde où le médicament est une consommation du quotidien, il faut réussir à trouver un substitut efficace, abordable et acceptable.

La médecine préventive est un objectif visant à diminuer cette sur-médicamentation. Par exemple, un médecin peut prescrire une activité physique à un patient dans un souci de maintien de sa santé. Le principe premier de cette médecine est de donner des conseils d’hygiène. Cela peut être au niveau de la propreté, de la diététique, de l’activité sportive, de la façon de consommer, au niveau des comportements à risques ou encore du dépistage. Cette médecine préventive est principalement pratiquée par les généralistes aujourd’hui. Un acte logique car le médecin généraliste est souvent le premier à ausculter et à réaliser un diagnostic avant toute consultation chez un spécialiste. 

La sur-prescription médicamenteuse est la plupart du temps réalisée lors de consultations médicales chez un généraliste, c’est donc avec ces professionnels là qu’il faut travailler en priorité pour développer la médecine préventive. Le geste préventif passe ainsi par l'inculcation de ce processus aux patients et aux professionnels de la santé. Apprendre la prévention et convaincre de l'usage de la médecine douce.

De plus en plus, on entend parler de cette pratique préventive dans les médias avec des campagnes de sensibilisation, de conseil et d’informations comme par exemple avec l’Octobre Rose. Ces campagnes permettent de sensibiliser la population et les professionnels de la santé sur la prudence à aborder lors de la consommation de médicaments.

 

La médecine douce, inégalité sociale ? 

La médecine douce, ou non conventionnelle, regroupe une centaine de pratiques thérapeutiques. Elle se distingue de la médecine fondée. On compte parmi les plus connues l’acupuncture, l’hypnose, l'ostéopathie et la naturopathie. De plus en plus de ces pratiques sont reconnues par l'État bien que cela soit encore assez compliqué.

Un problème vient encore s’insérer, la médecine douce n’est pas remboursée par la sécurité sociale, en France. Cela veut dire qu’une personne ayant un besoin plus ou moins régulier de consulter un ostéopathe à cause de sa pratique d'activité sportive ne perçoit aucune aide et doit avoir les moyens de payer une consultation relativement chère comparé aux prix de consultations de médecine générale, qui elles, sont prises en charge.

Ainsi, toute la population n’a pas les mêmes possibilités sur la gestion de leur santé. Les inégalités ressortent encore une fois et ont une incidence sur la sur-médicamentation. Sur le long terme, ces inégalités se renforceraient ainsi dans la façon d’être soigné, ce qui, en France, ne serait pas acceptable. C’est pourquoi le système commence à intégrer la médecine douce dans la société médicale.

 

La médecine douce comme complément 

Ce qui est très important à comprendre, c’est que la médecine douce ne doit pas être considérée comme un opposé, une alternative aux médicaments mais plutôt comme une complémentarité. Ainsi, on peut avoir une approche préventive et post traitement médicamenteux dans le but de réduire la surconsommation. Les médicaments sont essentiels dans un certain sens. Le but de la prévention et de la médecine douce c’est de réduire la consommation avant et après un traitement et surtout de ne pas considérer un traitement comme efficace plusieurs fois à causes de symptômes semblables.

La consommation de médicament est nécessaire dans le cadre de guérison. La consommation de médicaments de façon excessive, non nécessaire, elle, est dangereuse. Le problème, dans sa formalité, c’est la consommation à usage incorrect et exagéré des médicaments prescrits ou en vente libre en pharmacie. 

Un rapport de l’ANSM concernant les antibiotiques a placé la France comme 3ème plus grand consommateur européen avec une consommation 2 fois plus élevée que celle de l’Allemagne. Ce qui vient appuyer le fait que la population consomme trop mais aussi que les médecins font de la sur-prescription. 

 

Les médicaments naturels 

La naturopathie est une pratique thérapeutique qui vise à rééquilibrer le fonctionnement du corps et de son organisme par des moyens naturels tels que des changements d’alimentation, d’hygiène, de pratique d’activité sportives et autres. Selon l’OMS, « La Naturopathie est un ensemble de méthodes de soins visant à renforcer les défenses de l’organisme par des moyens considérés comme naturels et biologiques ». 

Aujourd'hui de nombreuses personnes se mettent à adopter les produits thérapeutiques naturels qui permettent de renforcer les défenses immunitaires, de guérir naturellement les infections urinaires, d’améliorer le transit et autres. 

Le but est de pouvoir allier médicaments naturels et de consommer d’autres médicaments uniquement sous prescription médicale. Cet objectif permettra dans un premier temps de réduire considérablement la consommation incorrecte de nombreux médicaments.



“Le médecin du futur ne donnera pas de médicaments, il formera ses patients à prendre soin de leur corps, à la nutrition et aux causes et à la prévention des maladies.” Thomas A.Edison

 

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