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Variole du singe, une présence dans le monde

Le contexte actuel

Depuis le 13 mai 2022, des cas de variole du singe ont été signalés à l’OMS par 12 États membres. Ces états ne sont pourtant pas des pays d’endémie de ce virus. De nombreuses enquêtes épidémiologiques sont actuellement en cours. 

La situation inquiète la population après deux ans d’épidémie de Covid. D’autant plus que les cas notifiés ne sont pour aucun, en lien avec un voyage dans une des régions où ce virus est endémique. Il n'y a donc aucune raison logique actuelle qui expliquerait la présence de la maladie en Europe.

Dans la région Européenne le nombre de cas est encore relativement faible mais la situation est inquiétante car les cas ne sont pas liés à des voyages dans les pays où le virus est présent. De plus, de nombreux cas ont été détectés dans des cliniques spécialisées dans les infections sexuellement transmissibles. Aujourd’hui, l’étendue de la transmission communautaire n’est pas claire mais il est fort probable que de nouveaux cas soient recensés sur les prochaines semaines.

Dans le but d’identifier et de contrôler la situation, l’OMS collabore avec les pays concernés en facilitant la diffusion d’information et en appuyant la détection des cas. L’évolution de la situation est globalement suivie de très près par ces pays. 

 

La variole du singe

La variole du singe est une maladie virale qui sévit généralement dans les régions forestières d’Afrique centrale et occidentale dans lesquelles se trouve le réservoir animal du virus. Cette maladie se transmet lors de contacts étroits entre individus soit :

  • des lésions cutanées infectées
  • des gouttelettes exhalées
  • des fluides corporels
  • contact sexuel
  • contact avec un matériel contaminé

Cette maladie ne présente pas de symptômes graves et guérit souvent spontanément. En effet, généralement les symptômes disparaissent entre 14 à 21 jours. Les symptômes sont donc généralement bénins mais les lésions infectieuses provoquées par la maladie peuvent tout de même entraîner de fortes douleurs et démangeaisons lorsque l’infection est plus forte.

La durée d’incubation, soit l’intervalle s’écoulant entre l’infection et l’apparition des symptômes varie généralement de 6 à 13 jours. L’infection peut être séparée en deux périodes distinctes : 

  • La période invasive qui dure entre 1 et 5 jours, se caractérise par l’apparition de la fièvre, de céphalées intenses, de douleurs dorsales et musculaires. 
  • L’éruption cutanée qui débute dans les 1 à 3 jours qui suivent l’apparition de la fièvre. Cette éruption se concentre principalement sur le visage et les extrémités. 

 

Les principaux faits sur ce virus 

Actuellement il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin bien que la vaccination antivariolique soit très efficace pour prévenir aussi la variole du singe. De plus, des vaccins plus récents ont été mis au point, dont un a été approuvé pour la prévention de la variole du singe.

Cette maladie se transmet à l’être humain principalement par le biais de divers animaux sauvages comme les primates et les rongeurs. La propagation secondaire par transmission interhumaine est quant à elle, limitée. Une information rassurante car les cas présents dans la région Européenne ne devraient pas flamber ni se propager trop vite si la situation est correctement prise en main. 

Il existe de nombreuses incertitudes quant à l’histoire naturelle du virus responsable de cette variole. C’est pourquoi de nouvelles études vont être nécessaires pour déterminer précisément le ou les réservoirs et la manière dont il circule dans la nature.

La variole du singe ressemble au tableau clinique de la variole affection apparentée dont l’éradication à l’échelle mondiale avait été déclarée en 1980. La variole du singe est bien moins contagieuse et entraîne une maladie plus bénigne.

 

Flambées épidémiques 

La variole du singe est une maladie importante pour la santé publique mondiale, car elle affecte non seulement les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, mais aussi le reste du monde. En 2003, la première flambée de variole du singe en dehors d’Afrique s’est déclarée aux États-Unis. Elle a été associée à un contact avec des chiens de prairie domestiques infectés. Ces animaux domestiques avaient été logés avec des cricétomes des savanes et des loirs qui avaient été importés dans le pays en provenance du Ghana.

Cette flambée a entraîné plus de 70 cas de variole du singe aux États-Unis. La maladie a également été signalée chez des voyageurs provenant du Nigeria et se rendant en Israël en septembre 2018, au Royaume-Uni en septembre 2018, décembre 2019, mai 2021 et mai 2022, à Singapour en mai 2019 et aux États-Unis en juillet et novembre 2021. En mai 2022, plusieurs cas de variole du singe ont été recensés dans des pays non endémiques. Des études sont en cours pour mieux comprendre l’épidémiologie, les sources d’infection et les modes de transmission.

Ce n’est donc en aucun cas la première fois qu’une telle situation se produit. Toutefois les raisons de ces flambées épidémiques s'expliquaient beaucoup plus logiquement que celle actuellement en cours en Europe.

 

L’évaluation de l’OMS

L’OMS évalue les risques de cette maladie et la situation atypique qui mène à l’apparition de ces nouveaux cas. L’immunité contre la variole sera limitée aux personnes âgées car les plus jeunes générations n’ont plus été vaccinées contre cette maladie éradiquée. Il y a peu d'immunité contre la variole du singe chez les jeunes vivant dans des pays non endémiques puisque le virus n'y était pas présent.

Par mesure de précaution, tout patient chez qui on soupçonne la variole du singe doit faire l'objet d'une enquête et, si cela est confirmé, être isolé jusqu'à ce que ses lésions se forment, que la croûte soit tombée et qu'une nouvelle couche de peau se soit formée en dessous.

 

 

 


OMS - Santé Publique France - FranceInfo

 

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